Les origines du culte de Funa sont nimbées de brume, et seuls les élus en connaissent véritablement la vérité. À l’image de ses apôtres, toujours enveloppés de volutes opaques, les légendes murmurent que la Brume est Funa, et que Funa est la Brume.
Présent à Kirigakure depuis des générations, le culte s’est lentement enraciné dans le village, jusqu’à devenir inextinguible, comme la brume elle-même. Dieu farceur pour les uns, entité tutélaire veillant sur les âmes de Kiri pour les autres, Funa est un être qui se nourrit des émotions des vivants. Grand manipulateur, amoureux des spectacles, il danse et rit au rythme des passions humaines. Lorsque les émotions atteignent leur paroxysme, Funa observe… et juge. Les outils les plus méritants se voient offrir une récompense ultime : une place éternelle à ses côtés, dans la brume, après leur trépas.
Parmi les plus grands élus se distingue Koma Araka, l’un des piliers ayant mené la Voie de la Brume et donné sa vie dans la lutte contre le Jashinisme. Koma ne voyait pas en Funa un culte, mais une voie philosophique, une manière d’exister dans un monde noyé de violence. Aujourd’hui encore, dans les ruelles silencieuses de Kiri, résonnent ses mots :
« Aller bien ou aller mal importe peu, tant que la Brume domine le monde shinobi. »
Après lui, Densho Kama poursuivit la voie de Koma avec une ferveur inébranlable. Des années durant, il répandit la brume et renforça l’influence de Funa. Il fut finalement enlevé par une ancienne élue revenue de la brume, animée par la vengeance. Densho fut sauvé… mais peu de temps après, il rejoignit volontairement les bras de Funa, là où il demeure encore aujourd’hui, fondu à jamais dans la brume éternelle.
Aujourd’hui, Jin du Pavillon Noir est l’élu de Funa. Être bien plus extrémiste que ses prédécesseurs, il transforma la Voie en un véritable culte, convaincu que sans dévotion, Funa s’affaiblissait. Dogmatique et inflexible, aux pupilles blanches comme la brume elle-même, Jin impose une foi totale.
Sous son règne, le Jashinisme réapparut à Kiri par une décision incompréhensible à ses yeux prise par le haut commandant dont il faisait parti et ceux malgré sa ferme opposition. Incarné par Zaizen Misu porteur de la faux à 2 dents nommé Jonin et envoyé à Otto y apprendre le rituel de Jashin afin de renforcer l’armée de Kiri. Jin mena alors une guerre secrète, silencieuse et impitoyable dans les rues noyées de brouillard, afin d’éviter un nouveau bain de sang semblable à celui qu’avait connu son maître, Koma Araka.
Garant de la suprématie de la Brume, le culte de Funa veille à préserver et à étendre ses volutes à travers le monde. Là où les élus marchent, la brume suit leurs pas.
Ils sont la mémoire vivante de Kiri, les gardiens de ses traditions les plus anciennes, et les héritiers d’un savoir que seuls les brumes peuvent dissimuler.
Mais avant tout, un disciple de Funa est un farceur né. Il n’est ni spectateur passif, ni simple croyant, mais un véritable metteur en scène. Il manipule les émotions comme d’autres manient les armes. Croiser un disciple de Funa, c’est accepter de devenir un acteur involontaire de son spectacle. Un jour, il fera naître honte et culpabilité. Le lendemain, colère et haine. Toujours, une émotion sincère.
Enfin, le culte a pour mission de combattre les autres déités de ce monde : les moines du Feu, les disciples du Soleil, et surtout les immondes Jashinistes, dont le sang a durablement marqué l’histoire du culte de la Brume.
Parmi tous les cultes, ils sont leurs ennemis mortels.
Mais aux yeux de Funa et de ses élus, ces affrontements ne sont, au fond, rien de plus qu’une chose : une sublime occasion de créer la plus grande des dramaturgies, à la gloire de la Brume et de son Dieu.
On dit que la mer a enfanté la brume, et que la brume, un jour, a enfanté le sang. Kirigakure en est né..
Parchemin amélioré de Kirigakure © Réalisé par Habizumo K. pour la gloire du village.